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Disparition d’Hélène Lefebvre, théoricienne de renom international en physique moléculaire

par Martrenchard-Barra Séverine - 11 octobre (modifié le 14 octobre)

Nous sommes dans la tristesse d’annoncer le décès de notre collègue Hélène Lefebvre-Brion survenu le mardi 9 Octobre 2018, suite à une maladie qui l’a emportée très rapidement.

Il s’agit de la perte très importante d’une spécialiste théoricienne de renom international en spectroscopie moléculaire qui endeuille toute notre communauté.

Suite à une thèse de doctorat réalisée sous la direction de Louis de Broglie en 1958, Hélène Brion, commençait très jeune une carrière au CNRS, au Centre de Mécanique Ondulatoire Appliquée (CMOA, Paris) où elle rencontra notre autre estimé collègue Roland Lefebvre, qui devenait son époux en 1959, et avec qui elle a eu deux enfants : Alain et Marc. Sa brillante carrière se déroula ensuite au Laboratoire de Photophysique Moléculaire du CNRS à Orsay, où après une longue période riche de réalisations, elle prenait sa retraite en 1995, en tant que Directeur de Recherche. Toujours très motivée par son travail de recherche, elle avait cependant choisi de continuer son activité, avec plusieurs collaborateurs français et étrangers, et une production soutenue, jusqu’à ces derniers mois où, à titre de chercheuse bénévole, elle avait rejoint l’Institut des Sciences Moléculaires d’Orsay (ISMO).

Son domaine de spécialité était la Physique Moléculaire Théorique et plus particulièrement la spectroscopie des systèmes diatomiques. Ses nombreuses publications, qui ont reçu à ce jour plus que 6000 citations, portent sur la structure et la dynamique des processus électroniques et nucléaires : autoionisation, photoionisation, prédissociation, recombinaison dissociative, avec une attention particulière portée aux états de Rydberg, aux résonances qui président ces processus, et aux compétitions entre eux. Les spectroscopies de photoélectrons, REMPI, VUV haute résolution sont les observables qu’elle examinait, avec une attention particulière portée sur l’interprétation théorique des perturbations qui les affectent. Elle utilisait une variété de méthodes tant en relation avec celles de la Chimie Quantique (SCF) qu’avec la dynamique (MQDT ou équations couplées) et les appliquait à une large panoplie de systèmes, parmi lesquels N2, NO, CO, NH, BF, MgO, CS2, HBr pour citer des espèces neutres, et OH+, SH+, O2+ pour les espèces chargées.

Sa contribution scientifique la plus spectaculaire, considérée comme une référence dans notre communauté, reste son livre co-signé avec Robert W. Field du Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston) et publié par Elsevier sous le titre de : ’Perturbations in the Spectra of Diatomic Molecules’, qui continue à être régulièrement cité dans la littérature.

Le décès inattendu de notre collègue nous bouleverse et nous laisse dans une grande tristesse.
Nous tenons à présenter nos plus sincères condoléances à toute sa famille endeuillée.

L’inhumation aura lieu le vendredi 19 octobre à 11h30 au cimetière de Bures sur Yvette.